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Document : archives sonores
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n° inventaire CMTRA 1AV139
Titre Mémoire de La Joyeuse Gargote, café de quartier de Villeurbanne
Commentaire Chantal Crolla tient avec sa sœur, Eliane, le café-restaurant « La Gargote » rue Léon Blum depuis 1966, date du décès de leur mère qui en était auparavant la propriétaire. A travers son récit, elle livre sa vision des évolutions du quartier et de la population.
Responsabilité - Intervenant enquêteur :Mathias, Cécile  ; informateur :Crolla, Chantal
Date enregistrement-création 10 sept. 2014
Lieu enregistrement-création Villeurbanne
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Documents liés Fichier sonore
Descripteurs commerce de proximité- commerce- café- restaurant- jeu de boules- ouvrier
Langue français
Genre du document récit de vie
Lieux cités Usine Delle; Usine Sterand; Pôle Pixel; Marché-Gare
Noms cités Lanvin, Gérard; Gang des Lyonnais
Sommaire 1AV139_1 [00:00:00] Présentation de Chantal Crolla et de sa famille Chantal Crolla a 65 ans au moment de l’enregistrement. Née à Villeurbanne en 1949, elle habite depuis toujours au 123 rue Léon Blum. Elle dresse un portrait de sa famille, de ses parents à ses cinq frères et sœurs. Son père, italien d’origine, faisait les marchés tandis que sa mère avait hérité d’un fonds de commerce en 1947. Si deux frères ont poursuivi dans l’activité de marché, Chantal et sa sœur, Eliane, reprennent le bar à la mort de la mère, en 1966. [00:04:21] Le café, avant 1966 Chantal Crolla revient sur le café lorsque sa mère le tenait. Café-Jeu de boule, en face de l’usine Delle qui mobilisait entre 500 et 700 ouvriers. Une partie d’entre eux sont les habitués du café. Horaires d’ouverture en fonction de l’usine, de 4h30 du matin à 22h – 23h. Crédits et paiement le vendredi, avec l’enveloppe de la paie. [00:10:05] Souvenirs d’enfance Chantal Crolla revient sur sa courte scolarité et de ses projets avortés avec la mort de sa mère. Elle donne ses souvenirs depuis le café d’alors : les sorties des ouvriers en vélo, l’attente du car mais aussi les charrettes à bras ou à cheval et les petits commerces du quartier (droguerie, charbonnier, boucher…). [00:14:28] Jalousies et réputation « Ils ont fait des bâtisses qui sont inexistantes, moches, il y a pas de vie dedans (…) on essaie d’égayer ». Commentaires de Chantal Crolla sur le quartier. Anecdote au sujet de la devanture du café en vert et les remarques de la Mairie pour que cela change, suite à des lettres anonymes reçues. Dans l’ensemble, le café de Chantal et Eliane Crolla ne bénéficie pas d’une très bonne réputation dans le quartier : « les gens ont toujours cru qu’on était milliardaires ou millionnaires, alors qu’on est en banque sur notre compte en banque, on est à -0 » [00:20:04] 123 rue Léon Blum Chantal Crolla évoque les soucis rencontrés avec le propriétaire du 123 rue Léon Blum et les négociations qui s’en sont suivies. Elle décrit l’appartement du dessus du café où la famille Crolla a vécu, donnant un aperçu de leurs conditions de vie. [00:25:35] Évolutions au sein du café Après le décès de la mère, Chantal et Éliane reprennent le café qui évoluera beaucoup au fil du temps et des clients. Chantal évoque les années 1970 avec « la jeunesse magnifique » et les « bonnes années » 1980 avec la babasse [babyfoot] et le juke-box. Puis, les années 1990 avec la jeunesse « plutôt schmilblick » : l’ambiance change. Les ouvriers plus absents au fil du temps et les horaires ont changé progressivement. Évocation de Mai 1968 et de l’esprit du lieu : « le bar c’était chez eux ». 1AV139_2 [00:00:00] Du café au café-restaurant Le café est progressivement devenu un café-restaurant, avec Éliane à la cuisine. Cuisine familiale avec fonctionnement artisanal. Produits frais du marché, pas de surgelés. Bon fonctionnement au début, de 25 à 30 couverts par midi – Aujourd’hui, autour de 5. Éliane et Chantal ne font pas de publicité, ne sont pas sur internet : « moi je ne sais pas aller sur l’internet ». [00:03:48] Le nom du café-restaurant Autrefois appelé « Café-bar Crolla Jean », est devenu « La joyeuse Gargote » puis « La Gargote ». Récit de l’anecdote qui a donné le nom. Revient sur la restauration : un seul plat du jour qui change quotidiennement. Analyse de la baisse du nombre de couverts : le fait qu’il n’y ait pas de choix. [00:07:39] Fonctionnement et difficultés de la Gargote Changement de clientèle : beaucoup à la retraite, déménagement des usines, déplacement des salariés. Depuis les années 2000, les difficultés sont plus fortes. Les sœurs Crolla font peu d’achat d’investissement et bradent leur prix pour rester attractives. « On ne vend plus de spécial. On est là pour la photo ». [00:15:33] Sécurité Chantal Crolla refuse d’imputer les difficultés de l’établissement à de mauvaises fréquentations. La discussion dérive sur la question de la sécurité dans le quartier et au café : « on était tellement les mamans de tous ces jeunes» tandis qu’aujourd’hui, elle dit ressentir un changement de mentalité et ferme plus tôt. [00:18:28] Relations et évolutions de la clientèle Les sœurs Crolla connaissent certains clients depuis leurs 18 ans. Surtout des hommes avant que le café ne devienne aussi restaurant. « On n’emmène pas sa petite copine au bar ». Avec le restaurant, des femmes sont venues, « qui viennent manger un bout ». Mais, presque plus d’habitué-e-s. [00:23:45] Petits commerces du quartier Chantal Crolla évoque la concurrence d’un autre café qui a fait du tort à la Gargote puis donne son sentiment sur l’évolution des petits commerces du quartier : « à part le turc à côté, et la station-service, c’est tout, hein, il n’y plus rien ». Fait la liste des anciens du quartier qui n’y sont plus. « Ils disent que la rue Léon Blum va être le (…) Las Vegas parce qu’ils nous montent trois cliniques ». Évocation d’une possible vente du lieu. 1AV139_3 [00:00:00] La Gargote : éléments de fonctionnement Chantal Crolla revient sur l’ancien jeu de boules qui ouvre désormais pour les clients qui souhaitent déjeuner dehors et explique son goût pour la décoration intérieure. [00:04:00] Le Gang des Lyonnais A proximité du Pôle Pixel, la Gargote a été le décor de quelques petits films. Regrette de ne pas avoir été dans le film « Les Lyonnais » avec Gérard Lanvin : « Ils auraient dû le tourner ici parce que moi j’ai eu le gang des lyonnais chez moi (…) Les vrais, ouais, qui buvaient leur petite tomate et qui étaient des gens très sympas ». « Moi il peut bien venir un gars qui tue, qui vole, c’est par marqué sur son front (…) je vais pas demander le curriculum vitae aux gens qui viennent » [00:07:40] La mauvaise réputation Après une critique des mesures contre le fait de fumer dans les lieux publics et le tort que cela leur a fait, Chantal Crolla revient sur la mauvaise réputation qu’elle a traîné, du fait, selon elle, de tenir le bar. [00:09:30] Critiques de la jeunesse et de la société « Allez demander à un jeune d’aujourd’hui d’aller sur le marché ou de tenir un commerce, une épicerie, il vous dit « non », il va sur l’ordinateur » : réflexions sur l’importance de faire revivre les commerces de la campagne. S’ensuivent des propos assez confus et critiques sur le fonctionnement de la société actuelle. [00:15:50] Organisation et solidarité familiale Répartition du travail entre les deux sœurs. Pour l’administratif, le font ensemble. Amène Chantal à évoquer la solidarité financière qui existe entre elle et Éliane et, plus largement, entre les membres de leur famille. [00:20:43] Clientèle et entraide « Il faut toujours que j’aide quelqu’un » reconnaît Chantal qui livre plusieurs anecdotes sur des clients pour qui elle assure un service spécial : livraison, transport, massages…
Fonds Fonds "Quelle mémoire !"
Corpus Vie locale
Nature du document enquête
Département Rhône
Niveau de consultation Diffusion publique non commerciale
Durée 01:26:46
Qualité bon
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