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Document : archives sonores
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n° inventaire CMTRA FRAC069266_11AV0096
Titre Musique mongole : rencontre avec Mandhakh Daansuren et Stéphane Lovato
Commentaire Mandhakh, âgé de 20 ans lors de l'enregistrement est originaire de Mongolie, dans le désert de Gobie. Il habite aujourd'hui Villeurbanne avec sa soeur. Il se présente, ainsi que Stéphane Lovato, en vue du concert prévu lors de l'Escale sonore Musiques sacrées, qui a lieu au Rize, le 17 avril 2014. Mandhakh ne parle pas très bien français, mais des échanges intéressants ont lieu sur les thèmes de la culture mongole et des rapports qu'elle entretient avec le sacré, notamment à travers ses évocations aux animaux totems. Ils livrent enfin quelques chants, chants longs et chants diphoniques, accompagnés du Morin Khuur.
Responsabilité - Intervenant informateur :Lovato, Stéphane
Daansuren, Mandhakh
 ; enquêteur :Barbet, Péroline
Date enregistrement-création 17 mars 2014
Lieu enregistrement-création Villeurbanne
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Documents liés Fichier sonore
Descripteurs Mongolie- musique sacrée- Morin Khuur- chant diphonique - chant long
Langue français
Genre du document récit de vie
Instrument Morin Khuur
Sommaire Fichier sonore 01 [00 :00 :00] Arrivée de Mandhakh en France et parcours musical : Mandhakh est arrivé en France environ trois ans avant l’enregistrement. Il est originaire du désert de Gobie en Mongolie. Il a appris à jouer du Morin Khuur dans la capitale, à Ulan Bator où il a étudié pendant trois ans. L'apprentissage de cet instrument lui a aussi été transmis par ses parents, musiciens eux aussi, dès l'âge de dix ans. C'est une fois arrivé en France qu'il a appris le chant diphonique avec un ami français. Il est aujourd'hui inscrit au Conservatoire de Lyon où il apprend les musiques européennes. Il habite Villeurbanne chez une amie [00 :05 :20] Une famille de musiciens, la transmission : Son père est chanteur de chants traditionnels : le chant long et professeur de Morin Khuur. Sa mère est musicienne également et joue du yochin (cithare). Ils travaillent tous les deux dans les plaines de Gobie, depuis 20 ans, dans un théâtre. Son petit frère a étudié la musique au collège à Ulan Bator. En famille, ils ont joué des concerts en Mongolie. Son père lui a enseigné le chant et la musique. Petit, Manhdahk n'aimait pas chanter mais adorait le Morin Khuur. Dès 10 ans, il suivait son père du matin au soir et répétait ainsi avec lui. Plus tard, il quitte le désert de Gobie pour Ulan Bator où il étudie le Morin Khuur aux Beaux Arts. Sa grand-mère était chanteuse de chant long. [00 :11 :35] Présentation de Stéphane : Stéphane habite Villeurbanne, dans le quartier de Cusset. Il est chanteur et enseignant. Il enseigne le chant des traditions du monde (Inde, Géorgie, Ukraine, Russie). Il a reçu ces chants de manière orale, au gré des rencontres avec des personnes qui ont reçu elles-mêmes ces chnats avec leurs oreilles. Il transmet désormais ces chants par l'oralité. [00 :13 :00] Parcours musical de Stéphane / le chant diphonique : Le chant diphonique est apparu très tôt dans son enfance. Sa mère était chanteuse, il a baigné dans un environnement sonore, de vocalises, ce qui lui a donné envie, très tôt, de faire des jeux avec sa voix. Il a ainsi découvert la technique du chant diphonique de manière autodidacte. Longtemps après, alors qu'il chantait dans le groupe Phenomenon (8 chanteurs hommes), le chef de chœur, Boris Cholewka, lui a transmis le timbre particulier de la gorge, le chant gutural, propre au chant diphonique. Après lui avoir transmis les bases, B. Cholewka a emmené Stéphane en voyage d'études dans la République Touva, à la frontière de la Mongolie, où il lui a présenté son maître. A son retour, avec en bagage ce qu'il appelle la "mémoire vibratoire" de ce que lui a transmis son maître, Stéphane s'est lancé sur le chemin de la pratique du chant diphonique qui demande, à un occidental, beaucoup de travail. [00 :16 :30] La rencontre entre Mandahakh et Stéphane : La rencontre s'est faite autour du désir de Stéphane d'apprendre à jouer du Morin Khuur, la vièle à tête de cheval. [00 :16 :40] Chant pour les chevaux : Mandahakh chante un morceau de musique qu'il accompagne au Morin Khuur. L'enregistrement n'est pas de très bonne qualité, le son est saturé. Il explique l'importance du cheval en Mongolie et raconte la légende qui dit que Gengis Khan n'est jamais descendu de cheval, lorsqu'il est descendu de son cheval, il est mort. En Mongolie, sans cheval, on n'existe pas. Une famille peut avoir jusqu'à 200, 300 chevaux. Même aujourd'hui en France, Mandahakh n'est jamais très loin du cheval puisque le Morin Khuur est surmonté d'une tête de cheval. [00 :22 :30] Les chants sacrés : Stéphane essaie d'expliquer en quoi les chants mongols sont sacrés. Contrairement à notre apprentissage de la musique occidentale qui sépare la musique profane de la musique sacrée, l'espace du sacré en Mongolie est « l'espace du quotidien, de la nourriture que l'on mange, du cheval que l'on monte, des grandes étendues que l'on observe ». Il n'y a donc pas selon Stéphane de séparation entre l'espace du sacré et du profane. Il explique ainsi la difficulté de répondre à ce type de question pour quelqu'un de cette tradition et revient sur l'importance des chevaux pour un peuple qui s'est beaucoup déplacé et qui se déplace encore beaucoup dans les grands espaces de la Mongolie. Mandahakh le complète en expliquant que les chevaux sont partout présents dans l'Histoire de la Mongolie. Serait-ce l'histoire elle-même qui est sacralisée ? [00 :25 :00] Un chant presque inné : Stéphane exprime le travail qu'il a dû fournir pour apprendre le chant mongol, alors que chez Mandahakh, cela était presque inné. [00 :25 :40] Le chant long : Mandhakh explique ce qu'est le chant long, un chant très ancien. Il le fait remonter au XIIIème siècle, siècle de Gengis Khan. Le chant long est très aigu, long, comme le chant du loup. Le chant long peut "toucher le ciel bleu". Peu de personnes savent chanter ce chant. Les femmes pratiquent ce chant pour bercer les enfants. C'est un chant qui provient des steppes de Gobie où il y a beaucoup de loups. Les hommes aussi peuvent chanter le chant long. Le chant long n'utilise pas beaucoup de mots (pas plus de 18) et ne dépasse généralement pas 13 minutes. [00 :29 :10] La notion de musique sacrée : Pour expliquer ce qu'il entend par musique sacrée, Mandhakh se réfère au loup, comme animal sacré, comme un totem. Un totem est comme un esprit. Tengri signifie, en mongol, le ciel. Le loup est toujours lié au tengri. Stéphane tente de compléter Mandhakh qui rencontre des difficultés à expliquer la notion de musique sacrée, de sacré en général. Il indique que de nombreuses légendes, contes sont liés au loup. Il raconte l'histoire d'une femme qui appelle son amoureux en imitant le chant du loup. Le loup, animal majeur est en lien avec tengri, le ciel bleu qui représente le tout, comme une coupole qu'on invoque. De nombreux chants invoquent tengri, en chant long ou diphonique. Le répertoire du chant long fonde la culture musicale des Mongols, alors que le chant diphonique fait partie de tout un tas de répertoires et n'est pas un élément majeur. Les chants longs racontent des grandes épopées, des héros, fondent leur tradition et leur culture. Des chants diphoniques s'inspirent parfois de chants longs. Il existe un champ vaste de répertoires comme les chants courts, les chants d'épopée, les chants magtaal, de dévotion... Mandhakh confirme qu'il existe beaucoup de chants réservés à la prière bouddhiste et chamaniste. Stéphane explique que le chant diphonique et le chamanisme peut être reliée mais que tous les chamanes ne chantent pas le chant diphonique. Ils chantent comme support et jouent surtout du tambour et de la guimbarde. Sur la question des religions en Mongolie, Mandhakh ne peut dire qu'il est bouddhiste ou chamaniste, les deux sont assez liés. Mandhakh a déjà joué pour un chamane qui apprécie sa musique. Fichier audio 02 [00 :00 :00] Le Morin Khuur : Stéphane présente les origines du Morin Khuur, instrument majeur. Certaines traditions orales, certains contes racontent l'histoire d'un homme qui est né avec un petit cheval qu'il a élevé toute sa vie et qui est parti, revenu et mort. Pour garder la mémoire de son cheval, l'homme a décidé de le dépecer, en faisant des os un manche et le corps de l'instrument et de la peau, une peau tendue. Les premiers morin khuur étaient faits avec des os de cheval et une peau tendue. [00 :03 :15] Chant long puis commentaires [00 :08 :00] Commentaires autour des musiques appelant les animaux et notamment autour de l’importance du chameau, le Morin Khuur est même utilisé pour soigner l’animal [00 :09 :40] Chanson intitulée « Prière » et introduite par Stéphane
Fonds Musiques migrantes de Villeurbanne
Nature du document enquête
Département Rhône (69)
Niveau de consultation Diffusion publique non commerciale
Durée 00:55:52
Qualité bon
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