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n° inventaire CMTRA FRAC069266_11AV0009
Titre Musique orientale et tunisienne : rencontre avec Houssem Redjeb
Commentaire Originaire d'un oasis du Sud-Tunisien, il a fondé avec son frère, l'orchestre Oriental Noujoum. Le groupe a un répertoire d'une grande diversité, il explore les répertoires tunisiens et orientaux, religieux ou plus festifs et souhaite aussi développer ses oeuvres de création, produits de rencontres avec la musique occidentale, notamment du jazz. Le groupe joue dans des festivals en France et à l'étranger, pour les fêtes communautaires en particulier pour les mariages. Le groupe en formation réduite, est également sollicité pour son répertoire de Tarab interprété lors de fêtes privées pour les communautés de l'agglomération lyonnaises (libanaises, tunisiennes et juives). La nostalgie du pays qui l'a vu grandir est puissante, il souhaiterait y retourner définitivement un jour.
Responsabilité - Intervenant enquêteur :Barbet, Péroline  ; informateur :REDJEB, Houssem
Date enregistrement-création 6 mars 2009
Lieu enregistrement-création Villeurbanne
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Documents liés Fichier sonore
Descripteurs tarab- Maghreb- récit de vie- musique de variétés
Langue français; arabe
Genre du document chant ; récit de vie
Sommaire Fichier audio n°1 [00:02:00] Les débuts du groupe. Houssem a commencé la musique dans le Sud Tunisien, il est venu en France dans le cadre d'un programme de regroupement familial il y a quelques années. Il préfère faire de la musique parralèlement à sa vie professionnelle pour garder intact le plaisir du partage de la musique. Il a rencontré en France des gens qui font de la musique orientale, turque et indienne. Peu à peu s'est organisé la formation Noujoum, qui existait déjà en Tunisie. Houssem est dipômé de musique orientale classique moyen-Orient, comme trois autres personnes du groupe. La base du groupe c'est la musique égyptienne et tunisienne. Animation de mariages, les cortèges (il y a un cortège musical spécial qui accompagne les mariés à la mairie ou dans la salle), chants religieux. Tous les membres du groupe sont du sud-tunisien. [09:20:73] Le parcours: Houssem a commencé la musique par une chorale, dans le cadre d'une maison de la culture. Il s'est ensuite intéressé à la musique soufie, une spécialité du Sud Tunisie: Solamia et le Hadra. Le solamia se joue avec un daf. Le hadra (l'arrivage) est d'avantage lié à la transe et fait appel aux anges. Les musiques populaires du sud tunisien ont été fortement influencées par ces deux genres. "Pour être un bon chanteur, il faut passer par ces techniques de chansons soufies". Ensuite Houssem s'est initié à la musique classique orientale (oud, quanoun ...). Noujoum a tourné à l'international, labellisé par l'Unesco, qui détient un siège social à Gabes. Houssem a largement bénéficié de ses relations et avait de nombreux contacts avec les européens. [16:09:40] Le père d'Houssem a émigré pour des raisons économiques, il habite en France depuis 40 ans, et a habité Villeurbanne. La mère d'Houssem quant à elle est restée en Tunisie. Houssem est venu en France il y a quelques années, mais le regrette. Houssem est venu pour des raisons économiques et est devenu informaticien. Il envisage de retourner en Tunisie, le sentiment de déracinement étant trop fort "Ce n'est pas ma vie, ici" et la nostalgie du Sud Tunisien est forte. [19:17:72] L'oasis de Chenini est reconnu pour sa musique. La mère d'Houssem était "musicienne sans être musicienne", elle écoutait beaucoup de choses qui ont formé son oreille et sa sensibilité. Dans l'oasis, le Solamia est encore très vivant et populaire, tous les dimanches les habitants se retrouvent toujours dans un lieu Saint. Le centre culturel est également très actif et reçoit beaucoup de musiciens. Houssem est très lié au centre. [24:14:47] Les répertoires. Le répertoire est oriental. L'orchestre joue la musique tunisienne, égyptienne et du moyen-orient (libanais, syrienne). L'orchestre ne fait pas de la musique maghrébine. Cette amplitude musicale lui vient de sa formation au conservatoire. L'égypte c'est la mère du monde arabe (Oum Koulthoum, Abdel Wahab) L'influence de la musique égyptienne a été énorme en Tunisie. On apprends toujours la musique générale (la musique égyptienne) et ensuite on se spécialise avec les musiques locales. La "grande" musique, c'est la musique égyptienne. [27:23:38] L'évolution musicale liée à l'arrivée en France. Houssem s'intéresse aux croisements en la musique orientale et occidentale notament par son intérêt pour le jazz oriental. A Lyon, ses références sont Iyad Haimour, Khaled Ben Yahia, Chaouki (un violoniste). Houssem est ouvert et curieux, toujours à la recherche de quelque chose de nouveau et d'original. Les concerts lors de mariages, sont vécus comme contraignant et limitant du point de vue de la création musicale. Si le groupe était contre, ce sont les principales sources de revenus du groupe. Le répertoire de mariage est dit "moderne" ou pour être plus précis "traditionnel modernisé" sur des références typiquement tunisiennes et orientales. La batterie, le synthétiseur sont alors mobilisés mais joués à contre-coeur. Fichier audio n°2 [34:43:33] Villeurbanne. A Villeurbanne, Houssem a beaucoup de clients privés. Les tunisiens aiment la musique Tarab et Taktouka. Lors de fêtes (inspirées de coutumes des familles du Golf Arabe), ils se réunissent et font venir un groupe de trois personnes, qui joue de la musique accoustique, orientale-classique (Oum Kalthoum, Abdel Warab, Farid El Atrache). C'est une musique méditative, à écouter. Habits traditionnels, darbouka, douf, clavier et chant. Houssem s'est constitué un réseau de 44 clients à Lyon/Villeurbanne constitué de familles arabes (libanaises, tunisiennes) et les communautés juives. Houssem, musulman, chante parfois des chants liturgiques juifs avec un chanteur d'origine séfarade de Villeurbanne, David Pitoun. [00:08:40] Chant [00:10:30] Le Tarab. Houssem est spécialisé sur le répertoire Tarab, "c'est le vrai plaisir". Le tarab, c'est une musique de nostalgie dont le thème est souvent l'amour, ou bien encore le pays ou les parents. C'est une musique lente, "qui fait du bien". C'est la musique des gens riches du Moyen-Orient, c'est le "haut de gamme de la musique orientale". Dans les mariages, les musciens jouent principalement de la musique festive mais à un moment de la soirée, il y a toujours une communauté qui va venir demander à Houssem de jouer de la musique Tarab. Quand la tension née du plaisir de la danse est montée chez les spectateurs, à ce moment là arrive le Tarab. On commence par la musique d'ambiance et d'animation et ensuite on se pose, et on apprécie le Tarab. Houssem n'aime pas jouer la musique d'ambiance mais attend le moment du Tarab avec impatience car c'est ce qu'il préfère jouer. Il constate un changement dans l'écoute des arabes immigrés en France. Selon lui, les gens en France veulent du rythme, de la musique qui fasse bouger et qui permette l'expression des corps, il n'y a pas de disponiblilité pour le Tarab, qui est une musique trop lente pour nos sociétés. [00:18:20] Cet endroit du sud tunisien est un centre important de poésie arabe. Les Poètes du désert ont influencé le Tarab et lui ont apporté d'avantage de densité au niveau du message, c'est "le Tarab tunisen". Il s'est aussi mélangé aux musiques traditionnelles et aux musiques soufies. Traduction de l'extrait du chant: "J'ai vu la lune, j'ai regardé en haut, j'ai eu honte quand j'ai vu l'étoile (ta beauté)"
Fonds Musiques migrantes de Villeurbanne
Nature du document enquête
Département Rhône (69)
Niveau de consultation Diffusion publique non commerciale
Durée 00:54:23
Qualité bon
Documents numériques liés


01_REDJEB Houssem.mp301_REDJEB Houssem.mp3 (39 Mo)

02_REDJEB Houssem.mp302_REDJEB Houssem.mp3 (22 Mo)


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