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Document : archives sonores
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n° inventaire CMTRA 11AV0070
Titre Chansons d'exil du Chili : rencontre avec Jorge Diaz_2
Commentaire A travers des propos politiques, Jorge Diaz revient sur son expérience de combattant pendant la dictature chilienne de Pinochet, son exil en Europe et, plus spécifiquement, sur ce qui le pousse aujourd’hui à relativiser un passé lourd d’expériences et une identité présente qu’il pourrait sans cesse questionner.
Responsabilité - Intervenant informateur :Diaz, Jorge  ; enquêteur :Darroux, Laurie
Date enregistrement-création 23 févr. 2010
Lieu enregistrement-création Villeurbanne
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Documents liés Fichier sonore
Descripteurs chant traditionnel- Chili- Exil
Langue espagnol; français
Genre du document récit de vie
Sommaire Piste 1 : 11AV0070_01 [00:00:00] La société cubaine : Jorge a vécu une partie de sa vie à Cuba. Il évoque les souffrances et frustrations qu'engendrent le manque global de liberté d’expression et la faible possibilité d’ascension. Les grands artistes, intellectuels, médecins, y trouvent difficilement du travail. Malgré les formations gratuites, le système politique cubain ne donne pas sa chance à chacun. [00:05:30] « La musique est une arme » : Elle est un outil politique considérable, pas uniquement au sens de la prise de pouvoir. Elle exprime une réalité sociale, permet l'éveil. Lorsque les gens souffrent elle est un moyen d'expression politique, une aide morale aux vertus éducatives, « Un outil pour mieux faire passer les messages ». [00:12:20] Ne pas se sentir étranger, immigré : Jorge évoque ses envies qui diffèrent, selon lui, de la plupart des gens qu’il a pu croiser, de leur quotidiens routiniers, de leurs besoins matériels. Lui aime voyager. Il dit ne pas souffrir d'un problème d'identité. Tout ce qu'il souhaitait en arrivant en France était qu'on ne le renvoie pas au Chili. Il se rappelle la réalité sociale de son pays d'origine : là bas, tout lui interdit de mener « une bataille locale ». Il n'a pas le sentiment d'être un immigré, plutôt d'être un exilé. L'immigration implique pour lui un sentiment d'inégalité, une souffrance. Il se retrouve en ses nombreuses rencontres, comme lui des exilés, souvent confrontés à la guerre. « On est bien loin de chez soi mais on est nul part, c'est tant mieux car on a la planète entière». [00:20:00] Le problème du racisme : Il ne se sent pas à l'abris de ce type de rejet social, son appartenance latino américaine fait de lui une cible, au même titre qu'un autre étranger. Il dit ne pas avoir cherché à s'intégrer, sans pour autant être vraiment marginalisé. Son arrivée à Paris n'a pas été un choix. [00:27:40] Supporter l'exil : « Quand on combat une force militaire comme celle de Pinochet on a deux possibilités : soit ils te tuent, soit tu te retrouves en exil ». Il a été formé à supporter l'exil, préparé tôt à la probabilité de devoir quitter la société chilienne à laquelle il s'opposait activement. Ce qui explique en grande partie pourquoi il n'a jamais souffert de son départ. De plus, il n'a jamais été attaché aux biens matériels donc n'a pas été confronté à un manque palpable. Il évoque ses attaches immatérielles, notamment sa culture culinaire. Sa vie familiale en France est une reconstitution de cette culture chilienne. Il le vit comme une chance. [00:34:00] Vivre confortablement en France : Aujourd'hui Jorge est retraité. Il dit avoir certainement souffert d'une différence de traitement dans l'administration français, notamment à pôle emploi. Mais il a persévéré, a refusé de se lamenter. La musique l'a beaucoup aidé à supporter ces difficultés. Certains chiliens n'ont pas eu cette chance. Piste 2 : 11AV0070_02 [00:00:00] Jorge revient sur son expérience du racisme, pas celui qu'il a pu subir mais celui qu'il perçoit. [00:01:38] « J'ai perdu la guerre, mais c'est tout. ». Jorge relativise l'épisode douloureux de la guerre au Chili. Il parle de la torture qu'il a subi sans pour autant céder à un fatalisme qu'il déteste. Il a toujours été accompagné par une chanson, ce qui lui a permis de tenir. La torture fait pour lui partie de la guerre. Il estime avoir eu plus de chance que la moyenne de ses compatriotes qui ont été fusillés. Il n'était pas dans l'organisation directe du conflit mais dans le maquis, ce qui lui a permis d'être moins visible. C'est peut être ce qui l'a sauvé. [00:06:00] « Au Chili j'avais la même profession, ingénieur en informatique. » Jorge raconte son expérience professionnelle en temps de guerre. Il est monté dans la hiérarchie sociale, était chef de service de l'entreprise dans laquelle il travaillait, même pendant la dictature. Il avait, de ce fait, prioritairement accès aux informations militaires, et a pu grâce à cela éviter plusieurs détournements de fonds. A travers plusieurs anecdotes, il raconte comment il s'est rendu compte des abus de la part des forces militaires, et à quel point sa position sociale et professionnelle le plaçait dans une posture délicate et dangereuse. [00:15:00] « Monsieur, je suis le pilote de l'avion, on va en Europe.» Jorge raconte comment son départ pour la France a été orchestré sans qu'il soit mis au courant, sans qu'il puisse dire adieu à ses proches, ses enfants. L'exil a été soudain. Du jour au lendemain, il était à Madrid, sur la puerta del sol, content d'être vivant. Sur place il a été aidé. [00:18:25] « Je cherchais un flic, au Chili ils sont verts, ici ils sont bleus... » Après avoir été poussé dans un train par des inconnus visiblement parties prenantes de l'organisation de son exil, Jorge se retrouve dans le froid et la neige. A ce moment, il ne sait pas qu’il est en France, à Paris, gare d'Austerlitz. [00:21:40] « J'ai une mauvaise nouvelle, votre femme est en prison et vos enfants sont à la DAS » Jorge raconte la suite de l'histoire : sa rencontre avec celui qui était chargé de l'aider à récolter toutes les informations nécessaires pour qu'il puisse rester sur le territoire français. Grâce à l'aide d'Amnesty International la situation a été réglée très rapidement. En France, Jorge accueille ses enfants et leur mère. Avant de rencontrer son épouse actuelle et de venir à Lyon, sa vie a continué à être menacée par la dictature militaire chilienne, même sur le sol français. Jorge a vécu à la rue, à Marseille. [00:29:00] « Tout est bien qui finit bien » Jorge revient sur sa chance et sur celle qui a malheureusement manqué à certains de ses camarades. Aujourd'hui il dit être fier. S'il n'a pas gagné la guerre, il estime ne pas avoir perdu sa bataille. Il fait ensuite allusion aux autres chiliens qui sont arrivés en France lors de la première vague. La différence pour lui est considérable, ces exilés n'ont pas eu le temps de connaître la dictature, Jorge est arrivé très tard. Il fait part de la culpabilité de certains de ses compatriotes ressortissants, qui eux aussi ont mené ce combat. [00:38:00] « Et la musique dans tout ça ? » Pendant la guerre civile, les musiciens étaient syndiqués et se sont longtemps battus contre le système de Pinochet. Aujourd’hui, pour défendre ses valeurs, il lui reste sa musique.
Fonds Musiques migrantes de Villeurbanne
Voir aussi Chansons d'exil du Chili : rencontre avec Jorge Diaz et Juan-Carlos Caroca;Chansons d'exil du Chili : rencontre avec Jorge Diaz
Nature du document enquête
Département Rhône (69)
Aire culturelle Chili
Niveau de consultation Diffusion publique non commerciale
Durée 01:22:11
Qualité moyen
Documents numériques liés


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